___________________________________Prologue : Cadeau de Noël__________________________________

___________________________________Prologue : Cadeau de Noël__________________________________
Le vent soufflait fort ce soir de décembre, soulevant la neige qui envahissait les rues et garnissait les arbres. Noël approchait, et bien des enfants se réjouissaient de cette neige. Quillish Wammy, en se hâtant vers la gare, ne s'en réjouissait pas. Pas du tout. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait plus personne avec qui fêter Noël.
Pourtant, il y avait
eu un temps où Noël le ravissait, lui aussi. Un temps de sourires et de bougies sur la cheminée, un temps de bûche au chocolat, de cris de joies et de cadeaux sous le sapin illuminé... Mais ce temps-là était fini. Depuis que... Il s'arrêta brusquement, et se serait flanqué une baffe s'il n'avait pas été en pleine rue. Ce genre d'idées noires ne servait à rien. Il allait acheter un cadeau pour les enfants, pour ses enfants, pour qu'ils puissent fêter Noël, eux aussi, même s'ils n'avaient plus de parents pour leur raconter que s'ils n'étaient pas sages, le père Noël ne passerait pas.
Cette pensée était le plu
s sûr remède qu'il connaissait contre les fantômes qui hantaient l'esprit lorsqu'il était seul. Remplacer leur sourire illusoire par celui de ces petits visages ronds, couvrir leurs voix par les cris de joie poussés par tous ces enfants devant les cadeaux qu'il achetait à chaque Noël, par ceux qu'il inventait pour eux.
Il
regarda les gens qui se hâtaient autour de lui, des paquets pleins les bras, des rires plein le visage, oubliant que pour certains Noël n'est qu'un temps où il fait froid.
Il décida de s'acheter quelque chose à mang
er, une de ces pâtisseries toutes chaudes que vendent les étals du marché de Noël. Ayant payé son beignet énorme, odorant et gonflé de confiture, il eut un mouvement pour remettre son porte-monnaie dans sa poche. Il sursauta lorsque quelque chose de petit et de glacé lui toucha la main, puis se retira... avec le portefeuille. Il se retourna pour voir une silhouette de très petite taille se fondre dans la foule alentours. Il se précipita à sa suite, mais la perdit rapidement de vue. Il allait abandonner la poursuite quand un bruit dans une ruelle toute proche attira son attention. Le couvercle d'une poubelle venait de glisser dans la neige. Quillish s'approcha et écarta deux bennes à ordures. Son regard tomba sur un enfant roulé en boule dans la neige, ses mains bleuies par le froid serrées sur son portefeuille. Il leva ses yeux et son regard emprisonna celui du vieil homme. Ce n'était pas le regard d'un enfant, mais celui d'un adulte qui le fixait à travers ces deux puits du noir le plus profond qu'il ait jamais vu. Il avait la sensation d'être exploré de fond en comble par ses yeux qui emprisonnaient les siens.
Ce fut le garçon qui
rompit le contact, détournant les yeux vers la rue. Ce qui laissa à Quillish le loisir de l'examiner en détail. Et d'être de plus en plus étonné. Le garçon était d'une pâleur à en remontrer à la neige qui l'environnait, pâleur qui contrastait avec les cernes noirs qui cerclaient ses yeux sombres. Ses cheveux étaient d'un noir de jais, et sa chevelure semblait constituée intégralement d'épis rebelles. Il portait des vêtements bien trop grands pour lui qui flottaient autour de son petit corps, en faisant ressortir la minceur extrême, et qui étaient bien trop légers pour la saisons, et il n'avait pas de chaussettes dans les baskets informes, ou du moins ce qui ressemblait vaguement à des baskets informes, qui entouraient ses pieds. Sa voix s'éleva, ne trahissant ni panique, ni hésitation, ni aucune trace d'émotions quelconque.
"C'est votre portefeuille ?"
"Oui..
."
Le garçon le lui tendit.
"Je vous le
rend... J'ai rien pris dedans... Je peux avoir votre beignet ?"
Ses yeux s'étaient
teintés d'une envie vorace, comme s'il n'avait rien avalé depuis sa naissance.
"Mais...reprit Quillish. Où sont tes parents ?"
Le ga
min s'était emparé du beignet et venait de l'engloutir d'un seul coup dans sa bouche, ce qui, en ajoutant les joues gonflées aux cercles noirs sous ses yeux, un air de famille avec un jeune panda. Ses yeux se firent brusquement plus durs. Etait-ce vraiment à cause du beignet, il ne répondit pas tout de suite.
"Ils sont..
.pas là."
"Mais, où est-ce que t
u habites ?"
Quillish se demanda s'il av
ait affaire à un enfant perdu, ou s'il avait fait une fugue. Il se dit que c'était tout à fait le genre d'enfant qu'on ne retrouverait pas s'il décidait de fuir.
"Pas très loin."
"Ce n'est pas une réponse
... Ecoute, il faut que tu..."
Il vit le garçon se relever d'un bond et entendit u
ne voix derrière lui.
"Monsieur, excuse
z-moi..."
Il se retourna pour faire
face à un policier. Lequel reprit :
"Excusez-moi de vous déranger.
.. Plusieurs personnes se sont plaintes de ce qu'un pickpocket leur a subtilisé leur portefeuille ou leur porte-monnaie et je me demandais... si vous n'aviez pas été vous-même victime de..."
Son regard rés
olument fixé sur le petit garçon parlait de lui-même. Celui-ci regardait le vieil homme avec des yeux plus éloquents encore. Quillish fit alors quelque chose de complètement irrationnel. Il prit la main de l'enfant.
"Non, j
e n'ai rien remarqué, j'étais en train de chercher ce galopin... C'est mon petit-fils, euh...Eraldo, il est intenable, il se cachait pour ne pas que je voie ce qu'il a fait de ses vêtements... C'est sa mère qui va être contente !"
"Eraldo" joua
alors le jeu avec une justesse qui acheva d'ébahir Wammy, n'en faisant ni trop ni pas assez. Il s'agrippa à la manche de son "grand-père" et gémit d'une voix plaintive :
"Papy... Monsieur le gendarme,
j'ai rien volé, c'est pas moi, je vous promets, j'ai pas pris le chocolat... juste un carré, c'est promis juré craché !! Me mettez pas en prison, je recommencerai pas, promis !"
"Calme-toi, Eraldo. Sois s
age, monsieur le gendarme est très gentil, il ne va rien te faire... "Puis, se retournant vers le policier incrédule "Excusez-le, ce n'est qu'un enfant... Je vais le ramener à la maison avant qu'il ne prenne froid... Je suis désolé de ne pas pouvoir vous être plus utile..."
L'autre répondit que ce n
'était rien, visiblement déçu, et repartit. Le vieil homme attendit qu'il soit hors de vue pour adresser un clin d'oeil au petit garçon, lequel lui répondit gravement "Je vous remercie. Pourquoi vous m'avez aidé ?"
Q
uillish n'avait absolument rien à répondre à cela. Le sérieux de l'enfant et son regard interrogateur l'empêchaient de bâcler sa réponse.
"Vous a
vez menti à ce policier... alors que vous ne savez rien de moi, et que je vous ai volé votre portefeuille"
"Oui, mais... C'est à toi de me la
donner, cette raison. Il me semble que tu ne voulais pas que ce policier t'attrape....Pourquoi ?"
Il ne répondit rien.
"Tu as fait une fugue ? Tu
es parti de chez tes parents ?"
Il leva vers lui ses yeux grands ouvert
s inexpressifs, mais Quillish aurait juré y avoir vu une pointe de tristesse.
"Non, finit-il par répondre. C'est mes
parents qui sont partis."
"
Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire ?"
"Rien du to
ut, je veux rien dire, je veux seulement m'en aller, il ne faut pas qu'il me trouve parce que j'ai quelque chose à faire..."
Il s'interrompit, pris d'une quinte d
e toux.
"Il comprendrait pas. Personne peut comprendre, tout le monde dira
it que ce n'est pas à un enfant de s'en charger. Mais personne ne le fera si ce n'est pas moi."
"Et qu'est-ce que c'est, cette chose
si importante ?"
L'enfant baissa les ye
ux et ne répondit pas.
"Dis-moi au moins comm
ent tu t'appelles..."
L'enfant garda
son silence.
"Tu peux bien me dire
ton nom, tu as bien vu que je ne le répèterai pas..."
"C'est pas ça... S
i je vous le dis vous me croirez pas."
Le vieil homme é
tait de plus en plus surpris.
"Pourquoi ça ? Pourquoi penses-tu que je ne te croi
rai pas ?"
Il sembla hésiter un moment.
"Parce
que... Parce que je suis mort."
"A
llons donc, qu'est-ce que tu racontes ? Je ne crois pas aux fantômes, tu sais..."
"Je sais. C'est pour ça que vous allez pas me croire. C'est vrai pourtant, c'est écrit là..."
Il plongea sa main dans son T-shirt trop
grand pour lui, et en extirpa une grande enveloppe qu'il tenait serrée contre lui. Il en sortit une coupure de journal, grisâtre et toute fripée. Il la lui tendit sans un mot.
La photographie
représentait une maison dans la nuit, les lumières allumées et des voitures de police garées autour. Le texte qui l'accompagnait disait : "Une affaire tragique dans cette paisible petite ville anglaise... Le cruel assassinat de Helen et Jonas Lawliet.... leur fils unique Loan Lawliet, âgé de 6 ans, a été porté disparu et est malheureusement probablement mort... des traces a proximité de la rivière voisine semble indiquer que l'enfant y aurait été jeté... Cette famille était sans histoire, quel mobile peut bien justifier un tel massacre ?" L'article était daté du mois de février de cette année. Quillish soupira. Il avait entendu parler de cette sombre affaire, qui l'avait profondément révolté. Il avait entendu dire que, faute de coupable, elle avait été classée au bout de deux mois. Son attention se reporta sur l'enfant.
"Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu..."
Il se tut. "Leur fils
unique âgé de 6 ans". Il regarda le petit garçon. Il devait avoir dans les sept ans.
"Tu ne peux pas être..."
"Je m'appelle Loan Lawliet."
Le sil
ence s'installa, pesant. Le garçon avait fixé ses immenses yeux noirs dans ceux de Wammy. Qui se dit qu'il n'avait aucune raison de mentir.
Mais
c'était impossible. Loan Lawliet était mort, les traces retrouvées près de la rivière ne mentaient pas. Ce gamin ne pouvait pas être Loan Lawliet. C'était tout simplement impossible. Cet enfant se payait sa tête, ou alors, il n'était pas tout à fait normal.
Quillish devrait par la
suite s'apercevoir d'à quel point L Lawliet n'était "pas tout à fait normal''.
P
our le moment, il dut mettre fin à ses réflexions car l'enfant venait de s'affaisser à genoux sur le sol, pris d'une toux violente et suffocante. Il prit brusquement conscience de ce que les vêtements de l'enfant, déchirés et bien trop fins, n'étaient d'aucune utilité face à la neige et au vent glacial. Il posa une main sur son front. Il était brûlant de fièvre. Le garçon tenta de se relever, mais pris de vertige, il s'effondra en avant. Wammy tendit les bras pour le rattraper. Il ne pouvait pas laisser cet enfant là. Lawliet ou pas, fugueur ou pas. "Parce que je suis mort". Cela deviendrait vite vrai si rien n'était fait. Il l'enveloppa dans sa grande écharpe, le souleva et, sans une pensée pour les gens autour de lui qui se retournaient, ni pour son train qui devait quitter la gare, maintenant, traversa la foule qui se pressait au marché de Noël. Le petit enfant tremblait comme une feuille, il semblait au bord de l'évanouissement. Wammy se demanda comment il était possible qu'un enfant de son âge n'ait pas encore été recueilli.
Peut-être qu
e c'était le cadeau de Noël de Quillish Wammy.

Il arriva à son appartement au b
out d'un temps qui lui parut infini. Il déposa l'enfant dans un fauteuil où il se roula en boule, courut faire couler un bain brûlant, posa une serviette sur le radiateur, avant de mettre de l'eau à chauffer pour préparer une tisane.
Lorsqu'il
revint dans le salon, il mit quelques secondes à comprendre pourquoi il n'y avait personne dans le fauteuil. Son regard suivit les traces de neige fondue sur le plancher, sur le tapis.
La trace de conf
iture sur la poignée de la porte grande ouverte.

Tout en dévalant les
escaliers, il se demanda ce qu'il avait fait au Ciel pour mériter d'avoir à courir après un galopin fugueur menteur et soi-disant mort, à l'approche de Noël et de ses 67 ans. Il n'avait même pas eu le temps de pécher par gourmandise.

Il n'avait certes
pas la vigueur de ses vingt ans, mais il pouvait encore battre à la course un enfant de sept ans complètement congelé. Il rattrapa Loan, ou quel que soit son nom, juste avant qu'il n'atteigne la porte du rez-de-chaussée et devienne complètement impossible à retrouver. Il le saisit par les épaules et l'éloigna da la porte, peut-être plus vivement que nécessaire.
Le
garçon tourna son visage pâle vers lui.
"S
i vous ne me lâchez pas, je hurle que vous essayez de m'enlever."
Quillish s'était attendu à tout sauf
à cette affirmation calme et implacable.
"Crie si tu veux, mais je ne te lâcherai pas. Si tu sors,
tu vas mourir. Tu es brûlant de fièvre, tu trembles, tu n'as que la peau les os et un T-shirt par dessus et par -2°C ! Regarde-toi enfin ! Je ne te donne pas deux jours. Tu ne te réveilleras pas après-demain si je te laisse comme ça. En termes d'enlèvements, d'assassinats et autres délits, ça s'appelle "non-assistance à personne en danger". Je ne te ferais rien, je ne te poserai pas de questions si tu ne le veux pas, mais tu dois au moins accepter que je te soigne."
"Ça...ça m'est ég
al. Je ne veux pas, je me fiche de ne pas me réveiller après demain. Je n'ai plus qu'une chose à faire, et puis... et puis c'est tout. J'y vais, et vous, vous n'avez qu'à jamais m'avoir vu ! Lâchez-moi... Je m'en fiche, je vous dit !"
Qu
illish manqua de le lâcher sous le coup de la surprise. Qu'est ce qu'il y avait dans le coeur de ce gosse pour qu'il envisage sa mort avec un désintérêt aussi total ? C'était pire que ça. Le propre de l'enfance, c'est de ne pas avoir conscience de ce genre de choses. La mort, les meurtres, un enfant normal ne les comprend pas ! Qui est ce garçon ?
"Pe...Per
sonne ne me regrettera. Tout le monde s'en moque, et moi aussi. Et puis je suis... je suis déjà mort, ça change quoi ? Ça ne change rien. Pour personne..."
Il y avait de la tristesse dans ses yeux vacants. Il y avait
des larmes, même si elles ne coulaient pas. Même si on ne les voyait pas. Quillish avait vu beaucoup d'enfants, dont le passé n'était généralement pas bien gai. Mais il n'avait jamais pu supporter les larmes d'un enfant, si invisibles qu'elles soient.
"Si. Pour moi. S'il te plaît... Viens
avec moi."
"Pour vous... ? Pour...q
ui ?"
"Je m'appell
e Quillish Wammy."
"Moi...ce que je vous ai dit tout à l'heure.
.. C'est vrai..."
"Ce n'est
pas la question. Tu veux bien remonter ?"
Il lui souri
t.
"Viens. Si tout
le monde s'en moque, il sera toujours temps de mourir demain, n'est-ce pas ?"
Le garçon hésita, puis nicha sa petite main glacée dans la sienne.

# Gepost op woensdag 09 mei 2007, 17u33

Gewijzigd op zondag 13 mei 2007, 15u01

________________________ Chapitre 1 : L is for Lost _______________________________

 ________________________ Chapitre 1 : L is for Lost  _______________________________
Wammy souleva le garçon et le déposa dans le grand lit, envelopdans un tel amoncellement de couvertures que seules dépassaient ses mèches noires en bataille. Il le coucha précautionneusement, il ne fallait surtout ne pas le réveiller. Il avait eu tant de mal à l'endormir... Le garçon était resté jusqu'à près de deux heures du matin, les yeux grands ouverts, parfaitement réveillé, devant le feu, un doigt sur les lèvres, avec un air de profonde réflexion. Quillish, l'esprit embrumé, ne se rappelait pas à quel moment exactement le petit avait fermé les yeux, s'endormant exactement dans la même position qu'il s'asseyait : roulé en boule sur son siège, la tête et les mains posées sur ses genoux. Il ramena les couvertures sur l'enfant toujours recroquevillé, passa sa main dans les cheveux noirs, sans parvenir à les aplatir le moins du monde.
B
aillant et titubant, il revint dans le salon, et ramassa les vêtements boueux du garçon jetés dans un coin. Quelque chose en tomba. C'était cette enveloppe à laquelle il semblait tenir plus qu'à nulle autre chose. Elle était grisâtre, écornée, humide. Mais bien que l'encre ait un peu coulé, et que ce soit une main enfantine qui ait tracé ces mots, l'adresse demeurait lisible. Quillish la lut et la relut, plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il ne demeure plus aucun doute sur ces lettres.

Il se deman
da ce qu'un enfant de sept ans pouvait bien envoyer au poste de police.

Il resta un lon
g moment, assis à son bureau. Il savait bien qu'il n'avait aucun droit d'ouvrir cette enveloppe. Le fait qu'elle appartienne à un enfant de sept ans n'y changeait rien. Il savait que son contenu ne devait pas influencer son comportement. Mais... c'était cela, la chose si importante qu'il avait à faire. Cette chose qui seule le raccrochait à la vie. Son regard se porta sur la porte de la chambre. La police ? Et la coupure de journal... "Je m'appelle Loan Lawliet "...
Non, ça ne tient pas debout.
Aucun enfant...
"T
out le monde dirait que c'est pas à un enfant de faire ça..."
C'étai
t impossible.
Mais...
Cet enfant... et
ses yeux.
Wammy ouvrit l'env
eloppe.
Sur le sous-main s'étalaie
nt des feuilles manuscrites, aux lettres tracées avec application avec une main enfantine, qui contrastait avec le ton, très adulte, de la lettre. Et surtout, avec son contenu. Il s'agissait d'une longue démonstration, appuyée sur des photographies, des articles de journal, des informations dont les sources étaient nombreuses et soigneusement listées. De nombreuses preuves et photographies accompagnaient le texte. Tout aboutissait, enfin, avec une logique implacable et écrasante, à un nom. "On peut donc déduire que l'assassin de la famille Lawliet ne peut être que..."
Quillish Wammy reposa les feuilles sur le burea
u. L'écriture, les photographies, les dates... Et le fait que l'affaire ait été classée et oubliée... Sauf par ce garçon...
Mais
c'était impossible. Loan Lawliet était mort, à aucun moment cette lettre n'en amenait un démenti. Mais, la signature...
L. L
oan LawLiet
Quillish Wammy décida al
ors de faire ce qu'il faisait toujours lorsqu'il ne savait pas quoi faire. Il décrocha le téléphone et composa un numéro.
"Allô ? Roger
Ruvie à l'appareil."
"Roger ? C'
est Quillish..."
"Ah ! J'ai attend
u deux heures à la gare ! Tu as intérêt à me donner une raison valable !"
Q
uillish se mordit la lèvre. Il avait complètement oublié qu'il avait demandé à Roger de venir le chercher à la gare vers 10 heures... Il était exactement 3 heures 10 du matin.
"Excuse-moi.
J'ai complètement oublié, je..."
"Tu vieillis à ce point ?"
"
Non en fait... J'ai trouvé un enfant."
"Je me disais aussi... M
ais, tu l'as trouvé, comment ça ? Les gosses ne poussent pas encore sur les arbres ? Dans la rue ? Il s'est peut-être enfui, tu as demandé à la police ?"
"Non, en fait
... ça n'aurait pas de sens. Je crois que cet enfant, c'est Loan Lawliet."
"Ce nom
me dit vaguement quelque chose, mais je ne vois pas... Et si tu daignais m'expliquer tout cela clairement et calmement ?"
Qui
llish lui demanda de prendre une chaise.

"C'est
incroyable... Tu es certain que c'est ce garçon qui a écrit tout ça ?"
"Je crois. Je te l'ai dit, il est... spécial. Pas "bizarre" mais unique. Tout, dans sa façon de parler, ses gestes, ses attitudes... Il y a quelque chose de très particulier en lui, comme s'il était capable de remarquer, noter, trier, classer et analyser tout ce qu'il voit.
"Ce serait un surdoué..."
"Oui... Il ne fai
t aucun doute qu'il est exceptionnellement intelligent. Une intelligence particulière, je dirai, presque "spécifique"...."
"W
ammy...arrête."
"Quoi ?"
"Je sais très bien à quoi tu penses. Ça se sent dans ta voix. Cette affaire classée, résolue par cet enfant...Et cette période... "
"Je
ne vois pas de quoi tu parles."
Je ne dois pas y p
enser
"Ne m'oblig
e pas à le dire. Tu n'as jamais abandonné, Wammy. Même quand la police a déclaré qu'elle ne pouvait rien faire de plus. Même quand ce détective t'a dit qu'il ne pouvait rien pour toi. Ce qu'il n'ont pas pu faire...Tu voudrais que cet enfant le fasse, n'est-ce pas ?"
"..
."
"Retrouver..."
"Tais-toi !"
"Pardon.
Je sais combien tu souffres, Quillish. Je le sais. Je sais aussi que je ne peux pas te comprendre. Mais... excuse moi. Tu ne dois pas faire ça. Cette enveloppe... C'est une erreur. Elle contient ce qui a détruit son innocence, son enfance...Tu le sais, bien, Quillish, qu'aucun enfant ne devrait être confronté à ce genre de choses si vite. Il ne faut pas qu'il recommence. Il ne peut qu'en souffrir. Il est encore temps pour lui de revenir, de renaître, de jouer avec d'autres gamins aux billes, d'aller s'user sur les bancs de l'école, de vivre les années les plus ensoleillées de sa vie. Tu penses que c'est gâcher son potentiel ? Non. Il peut faire plein d'autres choses avec son intelligence. Même ce que tu veux qu'il fasse. Mais pas maintenant. C'est... c'est un enfant de sept ans, Quillish ! C'est très jeune, sept ans ! Tu n'as pas le droit de gâcher le reste de sa vie pour cela... et puis... pardonne-moi... tu sais que cela ne les ramènera pas. Même s'il trouvait... Elles ne reviendront pas, Quillish. Pas plus que les parents de cet enfant. C'est triste à dire, mais c'est vrai. Tu n'as pas le droit, Quillish. Ce n'est pas à toi que je vais apprendre le bonheur des enfants."
"Je sais... Merci, Rog
er."
"Ça va aller ?"
"Oui. Je
...je m'en occupe. Ne t'inquiète pas. Je l'amènerai bientôt."
"Tu f
ais le bon choix. Merci pour lui, Quillish. Bonne nuit."
Il raccr
ocha. Roger avait mis le doigt sur une pensée qu'il n'avait même pas clairement exprimée dans son esprit. Mais c'était vrai. Il avait pensé, à ce moment... Si cet enfant pouvait...
Mais il ne le fa
llait pas. Roger avait raison, comme toujours. Il n'avait pas le droit de demander ça à cet enfant. Il fallait qu'il soit raisonnable et qu'il apprenne à laisser le passé en paix.
Mais... c'était
tellement injuste. Il posa la main sur le cadre, retourné contre le bureau. Il le releva, doucement. Deux femmes souriaient sur la photographie ancienne. L'une avait environ quarante ans, l'autre à peine dix-sept. Leurs sourires aux tons sépia, qui ne resplendiraient plus. C'est vrai, elles ne reviendraient pas..."Mary Jane... Elisabeth..." Il se mit à pleuvoir sur la photo noyée du soleil d'un lointain été. Quillish s'aperçut qu'il pleurait. D'un mouvement de rage, de haine, de colère, d'impuissance, il se leva brutalement, et jeta le cadre à travers la pièce. Le portrait partit s'écraser sur le mur d'en face, le verre vola en éclat, le bois se disloqua, la photo tomba lentement, comme une feuille morte. Il voulut se laisser tomber sur sa chaise, seulement la chaise comme le bureau avait basculé sur le tapis. Il resta un moment ainsi, effondré entre les pieds du siège. Et se mit à pleurer, laissant libre cours à ses larmes retenues trop longtemps. C'était injuste, injuste, injuste, elles n'avaient rien fait, rien... et il n'avait pas su les protéger. Lui qui pouvait inventer tant d'objets bizarres qui les faisaient rire, il n'avait rien pu inventer pour les faire revenir. Rien, juste pleurer et supplier le Ciel, et jeter un cadre par terre. Que faisait-il encore dans ce monde ? Pourquoi leur avait-il survécu ? Et pourquoi n'y a-t-il pas de justice dans ce monde où elles n'étaient plus ? Qu'est-ce que c'est, la justice ? Ces lois qui ne protègent personne, relâchent les pédophiles, atténuent la peine des preneurs d'otages pour bonne conduite ?

Il
entendit un grincement. La porte de la chambre s'était ouverte sur la petite silhouette de Loan. Le petit garçon se tenait devant lui, une couverture sur ses épaules, frottant ses yeux cernés. Il avait l'air vaguement gêné, conscient d'être devant une scène qu'il n'aurait pas dû voir. Quillish, incapable de parler, le fixait. Il se tortilla un moment, avant de demander d'une petite voix :
"Euh...
vous voulez manger un caramel ?"
Il ex
tirpa de sa poche un caramel tout collant, serré dans sa petite main. Quillish le regardait toujours.
"C'est bon le caramel..
."murmura-t-il comme pour se justifier. Quillish s'approcha de lui.
"Lo..Loan, lui dit-il
d'une voix brisée. Dis-moi... pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu essaies de le trouver ? Celui qui a tué tes parents ? Ça ne les fera pas revenir, tu le sais. Alors pourquoi, hein ?
Le garçon bais
sa les yeux.
"Excuse-moi.
Oublie ce que je viens de dire. "
"Parc
e que... c'est pas juste. Que quelqu'un tue mes parents et puis s'en aille boire le thé chez lui. C'est pas juste."
"Et...et la ju
stice, alors, c'est quoi ?"
Il p
arlait pour lui-même. Mais le garçon lui répondit.
"La justice, c'e
st quand les méchants ont perdu. Quand les gentils ont gagné. "
C'ét
ait une réponse enfantine, toute en noir et blanc, déplacée dans ce monde où tout se justifiait. Mais c'était la seule vérité. La justice, quelles que soient les circonstances, les excuses et les justifications, c'est quand les gentils gagnent. C'est la seule vérité. La seule justice.
"Vous
...vous avez lu... dans mon enveloppe ?"
"Je s
uis désolé, Loan. On va poster cette enveloppe. On va l'envoyer à la police, et si tu veux, on verra après s'ils en parlent à la télévision, d'accord ?"
Il ne fallait surtout pas qu'il y pense.
"Je...ou
i..."
"Loan..
.qu'est-ce que tu veux faire, maintenant ? "
"Je ne
sais pas. Maintenant... Je n'ai plus rien à faire."
"Tu voudr
ais...aller avec d'autres enfants ? Dans une grande maison ?"
"
Dans un orphelinat, vous voulez dire ? Je ne veux pas, et j'irai pas."
"Pourquoi
?"
"P
arce que... ça m'ennuie. Parce que tout le monde me trouve bizarre. Parce que... je veux être tout seul. En fait, je sais pas ce que je veux, mais je sais que je veux pas y aller. Si vous essayez de m'emmener, je m'enfuirai. J'irai pas !"
Il ressemblait soudain
à un jeune chat toutes griffes dehors, prêt à mordre et à s'enfuir.
"Al
ors..."
Tu n'en as pas le droit Quillish pas le droit...
Sin
on, c'est pas juste

"
Alors, tu n'iras pas. Tu veux vraiment être tout seul ? Ou alors..."
PAS LE DROIT
"Ou alors... ça te dérange s
i je suis avec toi ?"
"Rester avec vous ? Mais..."
"En fait...ce
serait pour...je..."
Quillish tu ruines la vie de cet enfant
"Je v
oudrais t'aider. Pour... pour la justice... mais tu..."
"Je ne co
mprends pas ce que vous voulez, Mr. Wammy."
"Ecoute... Je vais te
faire une proposition. Je ne veux pas que tu me donnes ta réponse tout de suite. Je veux que tu y réfléchisse, le temps qu'il faudra. Je pense que tu peux comprendre le sacrifice que cela représente, au-delà des paillettes. Et je te dis ça parce que tu es exceptionnel, Lawliet. Voilà..."
Quillish je ne te le pardonnerai pas si il doit en souffrir
"Tu l'a
s constaté bien trop tôt, et moi aussi, il n'y a pas de justice dans ce monde. Il n'y en a pas encore. Mais je pense que toi, tu pourrais en créer une. Tu pourrais être cette justice. Et je t'aiderais. Je ne souhaite que cela. Moi, je n'ai rien à perdre, je voudrais voir un jour le soleil se lever sur un monde où personne n'aurait à craindre pour sa vie. Mais... cela te demanderait tout ce que tu as. La Justice a beaucoup d'ennemis. Ce sera dangereux, il faudra mentir et te cacher. Tu ne pourras plus faire confiance à personne, car cela mettra ta vie en danger. Ce n'est pas un poste de héros reconnu, mais celui du martyr qui se sacrifie pour un monde meilleur. Je crois que toi et moi, nous n'avons que ça, tu ne crois pas ?"
Le garçon
mordilla son pouce un instant.
"Je n'ai pas besoin de deux heures p
our y réfléchir. Je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais me sacrifier pour un monde qui ne m'a même pas laissé vivre huit ans de vraie vie. Je n'ai pas demandé à "être exceptionnel". Je veux pas souffrir soixante ans de plus tout seul, pour sauver des gens qui ne m'ont pas sauvé. C'est pas de leur faute, mais je ne veux pas. Et puis... c'est pas moi qui réussirai à faire la justice dans ce monde. Vous l'avez dit vous-même, je peux chercher tant que je veux, ça ne ramènera jamais personne. Je vais dans la chambre."
"
Tu as raison. Excuse-moi, Loan. Va te reposer."
Il ramassa la c
haise et se laissa tomber dessus. A vrai dire, il était soulagé que le garçon ait refusé. Il se demanda même comment il avait pu poser la question. Il n'aurait pas à culpabiliser. Il pourrait regarder Roger en face. Il avait raison, finalement, c'était tellement bête. Mais cet enfant était tellement... Non, ça ne servait à rien d'y penser, maintenant. Il allait trouver à Loan une bonne famille d'adoption, régulariser sa situation, et il viendrait le voir de temps en temps, pour lui apporter des cadeaux, . Il ne pouvait pas lui en vouloir d'être égoïste. C'était lui, le plus égoïste.

Non. Cett
e image de Loan riant aux éclats et sautant sur ses genoux sonnait faux. Vraiment, ça n'allait pas, il n'arrivait pas à s'imaginer agir avec Loan Lawliet comme avec tous les autres enfants. Cet enfant lui était spécial.
"Je vais
poster ta lettre, Loan. Tu me fais confiance ? Je pense qu'il vaut mieux que tu restes au chaud"
"
Oui..."
"J
e voudrais bien que tu sois là à mon retour...tu pourrais rester au moins jusqu'à ce que ton travail passe à la télévision."
L
e garçon ne répondit pas. Quillish savait qu'il avait vu juste. Loan avait l'intention de s'en aller.
I
l espérait vraiment qu'il serait là. Loan Lawliet lui était réellement devenu spécial. Peut-être même indispensable. En fait, il aurait voulu pouvoir rester avec ce garçon. Il ressentait à son égard une profonde admiration, un respect solidement ancré et qui n'avait rien à voir avec celui qu'on peut vouer à un enfant. Son sens de la justice, son intelligence. Il eut le sentiment de s'être à nouveau attaché à quelque chose. A quelqu'un.
Malgré tout, il aur
ait voulu que cet enfant accepte.

Il revint une heure plus
tard. Il avait volontairement fait traîner sa course, retardant le moment où il devrait revenir dans l'appartement, et le trouver vide. Il poussa la porte. Elle était entrouverte. Il soupira. Il avait espéré, en montant les escaliers, refusant de regarder les marches pour ne pas y voir les petites traces de neige qui s'y trouvaient sans doute.
L'app
artement était si calme, silencieux comme un cimetière. Le lit débordé, le fauteuil aux coussins aplatis, vides. Il se demanda où pouvait être Loan maintenant. Il sentit soudain la culpabilité lui fendre la poitrine.
Il va se laisser mourir et je n'ai même pas essayé de l'en empêcher...Ce n'est pas parce que je souffre à en mourir qu'il n'a pas le droit de vivre...Mais pourquoi faut-il que je ne puisse sauver personne ? Mais à quoi est-ce que j'ai pensé ???

"Euh...Mr Wam
my..."
Il se retourna brusquement. C'était le
petit tas de couvertures amoncelé devant la télévision qui venait de parler. Il en émergeait des mèches quasi-verticales, plus noires que jamais maintenant qu'elles avaient été lavées, et deux yeux d'un noir bien plus profond.
"Vous cherchez quelque c
hose ?"
"L
oan... Tu es là... J'étais sûr que tu t'en étais allé..."
Il sembl
a hésiter.
"J'ai...C'est ce que
je comptais faire. Mais, avant, j'ai regardé les informations à la télé...Il y a une petite fille, elle... Et puis... Alors...J'ai réfléchi à ce que vous m'avez dit... Je veux faire équipe avec vous. C'est pas parce que je suis seul que... En fait, je sais ce que je veux. Je veux plus être seul."
"Tu..."
"Je suis sûr, si c'est c
e que vous voulez me demander. Aucune famille d'accueil ne voudra de moi. Je fais peur à tout le monde. Les écoles m'ennuient, déjà, l'année dernière, la maîtresse elle arrivait pas à me supporter. Administrativement, j'existe pas. Je n'irai à aucun de ces endroits. Mais...Vous avez dit que vous voulez pas que je meure."
"Très bien....Je...Je
vais te faire un chocolat pour fêter ça..."
Il fallait absolument qu
'il s'assoie et qu'il y pense. Il se sentait profondément bouleversé, et surtout il n'arrivait pas à savoir si ce choix était terrible ou excellent.
"Avec beaucoup de sucre, s'il vous plaît...Watari."
"Watari ?"
"Vous avez dit qu'il fallait pas dire nos noms, n'est-ce
pas ? Vous aimez pas Watari ?"
"Si...si c'est parfait...euh..."
"L"
.

# Gepost op donderdag 10 mei 2007, 15u27

Gewijzigd op zondag 13 mei 2007, 15u10

___________________________Chapitre 2 : L is for Loath__________________________________

___________________________Chapitre 2 : L is for Loath__________________________________
- Il y a juste une question que je me pose, Lo...L.
- Ce n'est jam
ais que la dixième, Watari. Allez-y !
Wammy
eut le sentiment qu'il ne s'habituerait jamais à l'ironie latente qui lui semblait déplacée dans la bouche d'un enfant de sept ans, si génialement intelligent soit-il.
- Je
...enfin, ça concerne...
- La mort de mes pa
rents, je suppose ? Ça peut être que ça, vu votre air gêné. Allez, posez-la, cette question.
- Voilà, je me
demandais... Les policiers ont très vite conclu à ta mort, les preuves qu'ils ont trouvées étaient flagrantes, et pourtant...tu n'es pas mort, puisque je te parle. Comment...?
Loan Lawliet, ou plu
tôt L, hésita un moment, comme s'il ne savait pas par où commencer.
- Ecoutez...Le mie
ux c'est sans doute que je vous raconte tout. Voilà, j'étais dans ma chambre avec ma mère, elle essayait de me coiffer les cheveux, quand on a entendu mon père crier. Il a hurlé à ma mère de s'en aller. Alors, maman m'a pris dans ses bras, elle m'a embrassé, et elle m'a dit de sauter par la fenêtre et de courir, et qu'elle me retrouverait plus tard. J'ai fait ce qu'elle a dit, et j'ai couru vers le bois, à côté, parce que je le connais par c½ur, il y a plein de cachettes. Mais, avant que j'aie eu le temps, j'ai entendu deux fois "BANG"
Q
uillish sursauta. L'enfant avait presque crié.
- Et puis j'ai en
tendu maman crier. Quand je me suis retourné, il y avait un monsieur derrière moi, avec un revolver. Et sa...sa chemise elle était...toute rouge. Alors je me suis dit que...que maman ne viendrait pas. Il a tiré, mais il m'a raté, mais il le savait pas parce que j'étais trop loin. Je me suis dit qu'il ne chercherait pas un mort. Et cet homme, il connaissait pas le bois, alors il m'a pas retrouvé tout de suite. Alors comme j'avais gardé une fourchette avec moi parce que je mangeais un gâteau, je me suis coupé au bras et j'ai mis mon sang sur une grosse pierre. J'ai balancé la pierre dans la rivière, et j'ai mis des traces de sang sur les arbres autour, et puis j'ai grimpé dans le gros arbre à côté de moi. Il a entendu le bruit et il est venu comme je le voulais. Il a cru qu'il m'avait eu et que j'étais tombé et puis il a attendu et il a souri et il a jeté le pistolet... et puis il est parti.
Wammy r
egarda le garçon. Son visage n'avait pas changé d'expression, sa voix était neutre.
I
l n'avait jamais vu plus de détresse dans le récit d'un enfant.
-
Je sais que c'est pas bien... Mais à ce moment là, je me suis dit... que ce serait vraiment bien qu'il tombe dans la rivière. Tout au fond, là où il fait noir et froid et où on est tout seul. Pour qu'il sache ce que ça fait.
- Je suis vra
iment désolé, ... Loan. Je ne peux pas vraiment te comprendre mais... Je sais ce que c'est de se retrouver tout seul. Je...
- C'es
t à mon tour de poser une question, M. Wammy.
-Oui....Oui, bien s
ûr, L, vas-y.
Il n'ava
it de toute évidence pas envie qu'on soit désolé pour lui. Il n'aimait pas montrer ses humeurs ni ses émotions.
- Qu'est-ce qui le
ur est arrivé ? A Mary-Jane et Elisabeth ?
Quillish sentit tout son corps se tendre à ces deux noms. Il l'avait entendu, bien sûr... Il sentit la vieille douleur, toujours aussi vive, remonter dans sa poitrine, lui envahir la tête et lui picoter les yeux.
- Vo
us êtes pas obligé de me répondre. Mais je sais que vous voulez que je vous aide.
Il s
avait. Il savait déjà ce qui était arrivé à Mary-Jane et...et...Il le savait. De même qu'il avait compris ce que Quillish attendait de lui. Mais il voulait l'entendre le dire. Il voulait, puisque lui avait tout raconté, que Quillish en ait la force.
- Je...
Il
fallait qu'il y arrive. Pour montrer à L qu'il était assez fort. Et aussi... parce qu'il fallait qu'il le dise. Il ne l'avait jamais dit, pas même à Roger. Roger le savait, mais ne lui en parlait pas.
-Voilà....
Il s
entit les larmes commencer à couler sur ses joues usées à force de les retenir. Mais il lui raconterait tout, à cet enfant aux grands yeux attentifs, même s'il s'effondrait sous la douleur.
- Qua
nd... quand j'avais environ trente ans, je me suis marié à la...la femme que j'aimais, que j'aime, qui est toute ma vie. Elle me donnait tout le bonheur qu'un homme peut souhaiter, avec un simple sourire, et ses larmes étaient pires pour moi que si j'étais dehors dans la tempête. Elle s'appelait E...Elisabeth. Et, un jour qui fut le plus beau de ma vie, elle me donna une fille, Mary-Jane. Avec elles, j'étais... profondément heureux. Mais...
Mais.... Je
n'y arriverais pas.
-
Mais un jour, je n'étais pas là, je suis revenu et quelqu'un avait... avait...avait pris leur vies, et c'est de ma faute... C'est à cause de moi, je n'étais pas là pour les protéger, et j'ai fait passer mes recherches av...avant...
- Et o
n n'a pas retrouvé le coupable, c'est ça ?
-
Ou...oui...
Non, ça
ne le concerne pas. Il faut savoir oublier le passé... c'est trop tard de toutes façons.
Il passa ses mains s
ur son visage trempé de larmes.
-Mais je ne
veux pas que tu le cherches. Tu comprends, L ? Je ne veux pas. Ce sont mes affaires privées. C'est très vieux, tout ça... ça n'en vaut pas la peine.
Il
ne répondit pas. Il sauta de sa chaise un peu comme un nouveau genre de grenouille, marcha, ou plutôt se traîna jusqu'à la salle de bain et revint avec une petite serviette qu'il tendit au vieil homme, avec un regard grave.
- Je suis déso
lé, Watari.
Il n'avai
t toujours pas répondu.
- J' peux reprendre
de la tarte au citron ?
- Oui... bien sûr,
vas-y. Tu m'excuses, je vais me reposer un peu.
Lawliet vida la
quasi-totalité du sucrier dans sa tasse de thé, ramena ses genoux sur sa poitrine, et son regard se fixa sur le vide.
Deux ou troi
s jours s'écoulèrent sans grand changement. Watari comme L redécouvraient la sensation de ne plus être seuls. De ne plus jouer aux échecs, boire le thé, faire des gâteaux, tout seul. Watari avait ainsi appris à connaître son petit protégé, et avait notamment noté à quel point il était mauvais joueur.
- Aha ! Echec et mat, L ! C'est bien la première fois que j'arrive à te battre !
- On e
n refait une !! Maintenant !
- On avait dit
que ce serait la dernière ! Il faut que tu dormes, tu es fatigué !
- Pas du tout ! J
e veux qu'on en refasse une ! Juste une ! S'il vous plaît... M. Wammy...
- Tu ne veux p
as perdre, hein ?
- Pas
du tout ! J'ai juste envie de jouer aux échecs ! Aucun rapport !
Et bien évidemment, la fois suivante il avait gagné en moins de dix coups.

Envir
on une semaine après, deux jours avant Noël, le petit garçon surexcité déboula dans la cuisine où Watari lui faisait une tarte au citron meringuée, en criant "Watari ! Aux informations ! Ils...ils parlent de..." Avant de faire volte-face et de retourner bondir dans son fauteuil. Watari arriva trente secondes après, au moment où la présentatrice annonçait :
"Comme vous l
e savez, cette tragique affaire avait été classée, le principal suspect s'étant révélé être innocent. Un rebondissement imprévu vient toutefois de survenir, plus de six mois après la clôture de l'enquête. En effet, la police de Wenslay a reçu il y a environ 5 jours une enveloppe contenant de nouveaux éléments, et une déduction parfaitement bien menée, qui nous a permis de remonter jusqu'au véritable coupable. Celui-ci, arrêté avant-hier, a dû se rendre à l'évidence devant les preuves implacables apportée par cette personne, que nous aurions voulu remercier, mais nous en sommes incapable. La lettre était anonyme, seulement signée d'une lettre : L. Toutes les recherches pour retrouver ce mystérieux "L" n'ont mené nulle part, pas même l'écriture, qui pour brouiller les pistes imite celle d'un enfant. On ne peut sans doute que louer une telle modestie. Voici maintenant ces fameuses pages, que je vous lis..."
Watari
se tourna vers l'enfant. Il était fier de lui, mais sentait bien que voir ainsi la mort de ses parents remise sur le tapis lui faisait mal. Il avait appris à reconnaître ces symptômes chez ce garçon qui cherchait toujours à camoufler ses émotions, et savait bien que ses mains agrippées à son pantalon traduisaient sa douleur. Il posa sa main sur son épaule.
- Je suis fier d
e toi, Loan. Et eux aussi, tu sais.
- Ils n
e peuvent pas être fiers de moi, Watari. Ils ne peuvent plus être fiers de personne. Mais...Merci quand même.
Watari soupira. C'ét
ait exactement le genre de choses auxquelles il s'était attendu, et pourtant il ne s'habituait pas à entendre de telles répliques, réalistes à faire froid dans le dos, dans la bouche d'un enfant de sept ans. Mais c'était sans doute sa façon de se créer un rempart. De ne jamais laisser ses émotions, son affection, prendre le pas sur la logique. Il en admira encore plus le jeune garçon.
- D
emain, j'irai t'acheter de nouveaux vêtements, qu'est-ce que tu en penses ? Tu ne peux pas rester tout l'hiver comme ça...
Le garç
on se retourna vers lui, ses yeux écarquillés.
- Wat
ari, est-ce que je pourrais aller à la bibliothèque ?
-
Bien sûr, mais pourquoi faire ?
- Il y avai
t une BD que j'aimais bien..."Akazukin Chacha"... mes parents ils...ils m'emmenaient toujours pour le lire...
- D'ac
cord...je t'emmènerai, L.
Peut-être qu'il veut être un peu seul, maintenant.
-
Je vais finir ta tarte au citron...
Il avai
t complètement oublié la formidable capacité de L à savoir exactement comment arriver à son but.

Une semaine
plus tard, c'était la veille de Noël, le 24 décembre. Wammy avait envoyé tous ses cadeaux dans les divers orphelinats dont il avait la charge, et au bout de deux heures de réflexion, acheté à Lawliet une collection entière de livres policiers, quoiqu'il était presque sûr qu'il parviendrait à résoudre les enquêtes avant le personnage. Lawliet pour sa part attendait Noël avec autant d'impatience qu'il aurait attendu l'anniversaire du fils de l'empereur du Japon. Il passait le plus clair de son temps à plat ventre sous une couverture, devant la cheminée du salon, à lire la pile de manga qu'il avait empruntée à la bibliothèque. Wammy avait appris par la suite qu'il s'était fait faire six cartes d'emprunts sous six noms et âges différents, dont une au nom de Quillish Wammy – 65 ans. Ce qui lui avait permis de ressortir avec une vingtaine de livres sous le bras.
Cette journée du 2
4 décembre n'avait en rien différé des onze autres journées que Wammy avait passées avec Lawliet. A part peut-être une certaine tension, il lui semblait en effet que Lawliet était en quelque sorte inquiet, nerveux. Il balançait ses petites jambes en lisant plus vite que d'habitude. Il tournait les pages trop vite, pour y revenir ensuite. Il ne piochait pas assez souvent dans le bol de céales posé à côté de lui, et il piochait trop rapidement. Cela pouvait sembler n'être que des détails, mais Quillish savait qu'avec un enfant comme Loan Lawliet, ce genre de détails font toute la différence. Il savait aussi qu'il était positivement inutile de lui demander ce qui n'allait pas. Il ne lui restait donc plus qu'à attendre. Mais quoiqu'il en soit, il avait décidé de faire de cette veille de Noël un jour ne serait-ce qu'un tout petit peu spécial pour Loan. Il avait ressorti les vieilles décorations, pour la première fois depuis des années. Cela faisait du bien, de fêter Noël. Peut-être que finalement, Noël n'est pas qu'un temps où il fait froid.
Le soir,
Lawliet quitta son petit coin près du feu et rejoignit Wammy dans la cuisine. Celui-ci s'affairait à préparer la bûche au chocolat la plus énorme que le monde ait jamais vu, et qu'il verrait sans doute très peu parce que, Wammy le savait bien au bout de 10 jours de vie commune avec L, ce gamin la mangerait quasi-intégralement en moins de trois minutes chrono. Le petit garçon tendit la main et tirailla la manche du vieil homme.
- M
'sieur Wammy.
- Oui, Loan
. Je m'occupe de ta bûche. Ne t'inquiète pas, elle sera délicieuse ! Ah... toi, je suppose que tu es là pour goûter la pâte, hein ?
Le garç
on eut l'air vaguement atterré.
- Pas
exactement, Watari. En fait...
Il tira u
n peu plus fort sur la manche. Watari sentit sa nervosité.
- J
e... euh... faut que vous veniez. Faut qu'on regarde les infos.
- Allons, Law
liet, tu peux bien faire une pause le jour de Noël ! Le journal télévisé sera toujours là demain, après demain, dans trois semaines !
Il e
ut l'air d'hésiter. Puis il releva le nez d'un air déterminé.
- C'
est pas une histoire de pause, c'est même pas rapport à moi. C'est...
- All
ez, dis-moi. Qu'est-ce qui t'ennuie, mon grand ?
Il
fronça le nez. Il détestait qu'on l'appelle "mon grand".
- Rien. C'est juste
que... j'ai quand même le droit de vous donner votre cadeau de Noël.
- Cade
au de Noël ? Tu n'es pas le Père Noël que je sache ?
Wam
my prit brusquement conscience de la stupidité de sa remarque. Le garçon haussa les sourcils d'un air de plus en plus atterré.
- Watari... vous vou
lez quand même pas que je vous fasse la démonstration pour vous prouver qu'il est impossible qu'un grand père habillé en rouge donne des cadeaux à tous les gamins du monde, ni même d'Angleterre, d'ailleurs, pendant la même nuit. Et puis, les rennes, ça vole pas, parce que ça n'a pas d'ailes, et d'ailleurs, même si ça en avait, il faudrait qu'elles soient aussi grandes que cet appartement pour pouvoir soulever leur poids. Je suis navré de démolir vos rêves. Faut que vous veniez, maintenant.
- Désolé si je
t'ai vexé, tu veux bien m'expliquer, maintenant ?
L
e garçon tira encore plus fort sur la manche de Watari.
- Pas le temps ! V
enez, c'est tout !
Ce n'étai
t pourtant pas le genre de Lawliet de s'énerver. Il y avait vraiment quelque chose. Il suivit le garçon qui avait bondi sur l'accoudoir du divan, saisi la télécommande et allumé le poste de télévision. Il parvint à la bonne chaîne. Watari entendit un nom et le monde se limita brusquement à ce petit cube posé sur la tabe basse.
"
...un autre assassin dont on avait abandonné depuis longtemps la poursuite a été interpellé. Il s'agit de Anthony Measle, qui a été reconnu coupable des meurtres de Mary-Jane et Elisabeth Wammy, une bien tragique affaire datant d'il y a plus de vingt-cinq ans. Ce dossier a été ouvert à nouveau il y a cinq jours de cela, en raison d'une lettre envoyée au poste de police, signée uniquement d'une lettre : L. Ce même L nous avait déjà la semaine précédente, envoyé une enveloppe qui a permis de remonter jusqu'à l'assassin de la famille Lawliet. Qui peut donc être cette personne qui envoie anonymement des missives de justice ?"
L'atte
ntion de Quillsh se reporta au petit garçon recroquevillé à côté de lui. L.
- Regardez... murmura-t-il d'une petite voix en désignant la télévision.
"..
.en effet, les lettres de chantage ayant été envoyées à une mauvaise adresse, l'inventeur ne les recevait pas. Sa famille a été tuée pour une menace dont il ignorait jusqu'à l'existence... Les lettres d'avertissement ont été retrouvée par cette personne inconnue se faisant appeler "L", et les déductions très poussées qu'il, ou elle, en a tiré se sont révélées d'une exactitude frappante, et ont permis de retrouver la trace du coupable qui avait fui et s'était installé en pays de Galles. Son arrestation..."
La personne inconnue
se faisant appeler L se tourna doucement vers Watari. Le visage du vieil homme était baigné de larmes.
- C'était lui, alors...
Mais...
Un sanglot lui co
upa la parole. Le garçon se mordit la lèvre.
- Je..
. je suis vraiment, vraiment désolé, M'sieur Wammy. Je voulais...Je retourne dans la chambre.
Je ne suis pas un détective. Je ne suis pas exceptionnel. Je ne suis qu'un sale gosse désobéissant. J'ai fait du chagrin à la seule personne qui se préoccupe encore de moi. Je...
- Atte
nds, L. Tu es...vraiment fatigué ? Ou... j'ai le temps de te dire quelque chose ?
L
e petit garçon revint vers lui en traînant des pieds. Il avait l'air inquiet. Triste. Navré. Cet air qu'on les enfants quand ils sont face à une situation contre laquelle ils ne savent pas comment réagir. Ce n'étaient pas des détails, mais l'expression de son visage. C'était la première fois qu'il semblait aussi touché par quoi que ce soit. Wammy eut le sentiment que c'était sa consécration.
- Je
suis sincèrement...Je...Je vous ai fait de la peine !
- C'est un très be
au cadeau de Noël, L. Vraiment. N'ai-je pas le droit de pleurer les morts ? Ça me fera toujours de la peine. Je regretterai toujours ma fille et ma femme, mais... Ce n'est pas de ta faute. C'est ce que je voulais que tu fasses, au fond. Tu le savais, n'est-ce pas ?
- Ou...oui.
..
- Tu
es sûr que tu veux aller te coucher maintenant ?
-
Non... Watari, qu'est-ce qu'elle devient, la bûche ?
Watari
prit soudain conscience que si l'enfant lui avait demandé d'aller cueillir des fraises au Guatemala, il l'aurait fait.

# Gepost op woensdag 16 mei 2007, 18u10

Gewijzigd op zondag 20 mei 2007, 10u31

____________________________________Spécial pour ma Juju !!______________________________________

Peites clés pour twa qui lit ma fanfic alors que Death Note n'est pas ton dada ^^ merci beaucoup ça me touche !! ^^
Alors...

L

C'est le détective le plus secret au monde. Ce jeune surdoué résoud les enquêtes les plus compliquées depuis l'âge de sept ans, et au fil des années a gagné le "sommet du monde"; à vingt-cinq ans, il peut donner des directives aussi bien au FBI et à Interpol qu'à la CIA et à toutes les autres organisations de ce type et polices du monde entier. Autres infos : il adore les sucreries (et c'est un euphémisme, en fait il mange 24h/24 des trucs à rendre diabétique n'importe qui en deux bouchées, c'est selon lui nécessaire au bon fonctionnement de ses neurones), il ne porte jamais de chaussettes, il s'assoit toujours en s'accroupissant sur les chaises, la têt sur les genoux (sinon ses capacités baissent de 40%), il parle souvent en pourcentages, et il doit dormir en moyennedeux heures tous les six mois ! A 25 ans, il mesure 1m79 pour 50kg (0.0 et pourtant il se goinfre à longueur de temps), il est né le 31 octobre 1979, il se comporte souvent comme une enfant trop vite grandi, il fait confiance à une seule et unique personne, la mort ne l'impressionne absolument pas, il montre très rarement ses sentiments. Peu de gens le comprennnent ou lui font confiance, étant donné ses méthodes (L ne se montre jamais, il communique par le biais d'un ordinateur, et ses méthodes de travail sont parfois mal perçues). Les trois détectives les meilleurs au monde, L, Eraldo Coil et Deneuve... sont en réalité tous la même personne : Lawliet. Il a de très nombreux pseudos; Ryuuzaki, Ryuuga Hideki, Eraldo Coil, Deneuve... son véritable nom est L.Lawliet (le prénom Loan est à mon initiative).
"A la fin,c'est toujours le bien qui l'emporte !"
"Je suis puéril et je déteste perdre..."

Nul ne connaît son nom, son visage ni l'endroit où il habite à l'exception de...

Quillish Wammy = Watari

C'est "l'assistant" de L, est bien plus que cela. Ce vieil homme est un inventeur renommé qui utilise sa fortune à faire construire des orphelinats un peu partout dans le monde. Il sert d'intermédiaire entre le commun des mortels et L, qu'il aide et soutient quoi qu'il arrive. Il est en contrepartie le seul, jusqu'en 2004, à avoir la confiance de L (ou peut-être jusqu'en 2002, avec l'affaire Loas Angeles BB... tout ça viendra plus tard.)

____________________________________Spécial pour ma Juju !!______________________________________

# Gepost op vrijdag 18 mei 2007, 17u01

Gewijzigd op vrijdag 18 mei 2007, 17u21

____________________________________________L is for Liberty____________________________________________

____________________________________________L is for Liberty____________________________________________
L.
Cette lettre était dans toutes les bouches. Il était devenu le mystère du moment. La question à la mode.

"Mais la questio
n se pose toujours... Qui est L, le détective sans visage à qui l'on doit l'arrestation du chef du groupe terroriste de Shanghai ? Qui est cette ombre qui a gagné la confiance des polices du monde entier ? Le nom de la justice reste caché, et les remerciements restent adressés à une lettre : L..."

L'adolescent éteignit la télévision. Son ego en avait bien assez comme ça. Ce n'était que du temps perdu, il éta
it plus que temps qu'il cesse de porter attention à cette gloire inutile et anonyme. Il avait mieux à faire...seul, contre la folie de tous les hommes, cent vies ne lui suffiraient pas. Alors, toutes ces minutes passées devant un écran à entendre le monde se questionner sur son nom... des minutes qui devenaient des heures... C'était si stupide.

Son regard se posa sur la surface noire qui le reflétait. Il f
it la grimace.

- Mmmh. Finalement, ce n'est peut-être pas plus mal que L soit un "détective sans visage."
Il n'avait pas non plus le t
emps de choisir des vêtements, ni d'essayer de coiffer, ou plutôt de débroussailler ses cheveux. Et surtout, surtout pas de gaspiller le tiers, ni même le dixième de sa vie à dormir. C'est l'avantage d'être une ombre...Personne ne saura que le grand L a les cheveux en forme de porc-épic au réveil, un teint de banquise par mauvais temps et des cernes comme s'il sortait d'un match de catch. Sans compter ses vêtements qui semblaient venir des dons de charité. Non, ce n'était sans doute pas plus mal. Il piocha dans le paquet de bonbons qui déversait son contenu sur le plancher, à côté de lui.

- L, crachota le micro.
- Je suis là, Watari. J'écoute. Tu as une nouvelle affaire ?
- C'
est une question inutile, non ? Il y a toujours de nouvelles affaires, c'est même toi qui l'as dit. Il suffit d'ouvrir le journal ou la télévision. Ce n'est pas pour ça que je t'appelle... Tu as regardé les informations ?
- Un peu... Je n'ai pas de temps à perdre.
- L...Cela
fait presque trois semaines que tu es sur ce groupe terroriste, trois semaines que tu ne manges plus, que tu ne dors plus. Et presque six mois que tu n'es plus sorti, avec l'affaire de Buenos Aires... Je pense que tu peux te permettre de perdre du temps.
- Où veux-tu en ven
ir ?
- Au fait que... ta raquette de tennis va finir par prendre la poussière, et que si ça continue, je vais devoir te réapprendre à la
tenir ! Je viens te chercher... Tu peux bien perdre une heure ou deux, c'est un jour spécial.
- Ce n'est pas un jour spécial.
- La justi
ce a douze ans aujourd'hui, n'est-ce pas ?
- C'est ce que je dis. Nous sommes le 31 octobre, la Terre tourne, il y a des enfants qui se pl
aignent d'être à l'école, d'autres qui se réjouissent d'avoir trouvé dans les poubelles quelque chose de vaguement comestible, des gens meurent, des gens naissent, le bulletin météo annonce un très beau temps pour la saison qui ne durera malheureusement pas à cause de l'anticyclone qui s'approche par le nord. Ce jour n'a rien de spécial.
- Il est encore temps de le rendre spécial. Il y a sans doute des centai
nes de personnes qui respirent l'air frais de l'automne aujourd'hui grâce à toi. Tu as de la marge, et il n'y a pas de raison pour que toi tu ne respires que l'air désoxygéné de ta chambre. L'anticyclone ne va pas t'attendre !

L sourit.

- Très bien, Watari. Je m'inclin
e. Passe me chercher dans un quart d'heure, il faut que je me change...
- Ça me fait plaisir, L...Lawliet. Vraiment.

Le "W" à l'écran di
sparut. Le sourire de L, qui s'était crispé un instant, s'accentua. Cela faisait longtemps que personne ne l'avait plus surpris.

L...Loa
n Lawliet. C'est mon nom, celui que mes parents m'ont donné. Mais Loan Lawliet... est mort pour le monde il y a six ans... Sauf pour Wata...Quillish Wammy, peut-être. Ça aussi, c'est bien ainsi. Personne d'autre n'avait besoin de le savoir.

L déplia son corps ankylosé. Il s
e demanda depuis combien de temps il était resté dans la même position, recroquevillé devant l'écran où se succédaient les informations. Il tira sur la prise. Le flot de nouvelles se coupa brusquement, la carte surchargée de notes sur toutes les nations disparut, comme si le monde sombrait dans la nuit. Juste le temps d'une nuit de repos, avec ses étoiles...et ses rêves.

- Je crois que tu n'auras pas besoin
de me réapprendre à tenir une raquette !

La balle jaune frappa le grillage qui entourait le court de tennis, avant de revenir piteuseme
nt rouler aux pieds du vieil homme. Lequel était en nage au point d'avoir l'impression de se noyer dans ses vêtements et essoufflé comme s'il avait tenté la traversée de l'Atlantique en apnée, plutôt que de proposer à un gamin de douze ans anémique de faire un match de tennis avec lui.

- Effectivement, L...Luke. Cela fait combien de temps qu'on joue ?

- A ma montre, deux heures et trente-quatre minutes. Co
mpte tenu de tes hésitations avant de prononcer mon nom, surtout après le journal télévisé de ce midi, de ma façon de me tenir qui attire les regards et de la durée passée ici, ainsi que de la météo, de la sismologie et du risque d'agression ou de terrorisme qui existe dans un tel lieu public fréquenté, entre autres paramètres, les chances pour que je rentre chez moi vivant, à l'heure voulue et en possession de toutes les capacités qui me sont nécessaires sont d'environ 98,2 %. Je tiens à préciser que c'est insuffisant.
- Merci, Luke. Je ne t'e
n demandais pas tant. Bon... Je crois que nous avons démontré que tu n'étais pas rouillé, n'est-ce pas ? Te sentiras-tu plus en sécurité dans le meilleur salon de thé de la ville ?
- Non. Enfin, dans des proportions négligeables. Mais vous êtes fatigué, alors on ferait sans
doute mieux d'y aller.
- Je suis très touché de ton attention, mais je suppose que les pâtisseries n'y sont pas pour rien, n'est-ce pas ?


L, qui était déjà parti en direction des vestiaires en traînant sa raquette derrière lui, se retourna et lui adressa un sourire rayonna
nt, si semblable à celui d'un enfant de cinq ans que Watari se demanda si il était vraiment possible qu'un être humain –plus ou moins – normalement constitué change aussi peu.

- Peut-être... On y va ?

C'est ainsi que dix minutes cinquante-six secondes plus tard – à la m
ontre de L – ils se retrouvèrent attablés dans le café le plus chic de toute la ville voire de toute l'Angleterre. L avait bien conscience que les serveurs comme les clients le regardaient bizarrement voire de travers, et en les observant avait déduit que ce devait être dû
a) à ses vêtements, un T-shirt blanc trop grand qui flottait autour de son corps maigre comme un clou anorexique et un jean bleu tout aussi démesuré, ainsi que des baskets usées jusqu'à la moelle de la corde, qui cependant n'étaient pas en position de provoquer un scandale, puisqu'elles disparaissaient sous la banquette;
b) à ses cheveux qui formaient un buisson épineux sombre au-dessus du dossier de la banq
uette en question ;
c) à sa position, accroupi avec les pieds sur le velours rouge de ladite banquette, faute de quoi ses capacités inte
llectuelles baisseraient de plus de 40%.
Si besoin était, il lui serait toujours possible de modifier les points a) voire b), mais en auc
un cas il ne pouvait changer quoi que ce soit au point c), car il se trouvait face à une situation qui requérrait absolument toutes les aptitudes en sa possession. Il était en effet absorbé dans l'action qui consistait à enduire de chantilly, prélevée au préalable sur la tarte aux fraises du vieil homme qui l'accompagnait, un gâteau au nom à rallonge parfumé au caramel. Tiens, ça pourrait aussi être un point d) : la douzaine de gâteaux entassés sur la petite table, cohabitant difficilement avec le double d'emballages déjà vidés. Peut-être que finalement, tous ces gens avaient un nombre suffisant de raison de le dévisager, ce dont le plus grand détective au monde se fichait comme de l'an quarante.

Watari quand à lui, ne savait pas exactement ce que lui inspirait le spectacle de L se bâfrant délicatement de suffi
samment de gâteaux pour le rendre diabétique au dernier degré. Quelque chose entre de l'attendrissement et cette sensation qu'on a devant un éléphant rayé dans un magasin d'électronique. L releva le nez (et la chantilly qui s'était posée dessus), et, ayant dégluti difficilement, articula :

- Grand-père, je crois que ce serait beaucoup plus pratique si on s'installait aux Etats-Unis.
Le vieil homme le regarda
avec ébahissement.
- Je... Tu crois vraiment que c'est le lieu pour parler de ça ? Avec tous ces gens... Tu as dis qu'il fallait être pr
udent, non ?
- La phrase que je viens de formuler n'a rien qui puisse attirer l'attention. J'ai juste dit que nous serions mieux aux Etats-Unis. C'est votre réaction qui est suspecte.

Watari soupira.

- Tu sais, tout le monde n'a
pas un sang froid en béton armé comme toi. Ni une capacité de raisonnement aussi rapide.
- Je
suis désolé.
- Bref, qu'est-ce qui te fais croire ça ?
- D'une part, c'est aux Etats-Unis q
ue se présentent la plupart des cas que je prends en charge, et la rapidité des informations serait bien plus importante. D'autre part, c'est très vaste, alors ce serait plus sûr au niveau de la localisation... Si je pense beaucoup à la sécurité en ce moment, ce n'est pas sans raison. J'ai mis au grand jour et démantelé deux groupes de criminels parmi les plus importants au monde, et aussi les plus inconnus. Mais dans ce genre d'organisation, il est évidemment impossible de repérer toutes les branches et tous les "participants". Je pense qu'il reste encore pas mal de membres, et qu'ils ne me veulent pas du bien. D'ailleurs, ça va faire trois jours que quelqu'un essaye de pirater mon ordinateur et de surveiller mon téléphone, et près d'une semaine que je crois que vous êtes suivi, grand-père. Il y a un type qui regarde la vitrine d'en face depuis presque une demi heure, en faisant semblant de téléphoner, et en nous regardant. D'après ce que j'ai lu sur ses lèvres, il parle dans le vide, aucune conversation de ce type ne mériterait qu'il gâche une demi-heure de communication. Et donc, quand on sortira tout à l'heure, il faudra qu'on fasse attention à ne surtout pas aller ni dans des lieux déserts ni dans notre appartement. Pour en revenir au sujet principal, je crois aussi que cela vous faciliterait grandement la tâche. Vous passez un temps fou en avion, et le décalage horaire ne doit pas vous faire du bien.
- Je n'
y vois aucun inconvénient, L. C'est vrai que tu as atteint un niveau mondial. Si tu veux faire vite, je pense pouvoir te mettre dans un jet privé d'ici une semaine au maximum.
- C'est exacte
ment ce que nous ne devons pas faire. Je crois qu'on devrait plutôt... passer inaperçus quelque temps. Nos ennemis ne se limitent pas à un pirate et un espion au rabais. Je pense que je vais m'inscrire à un lycée sous un nom quelconque, et que vous allez reprendre vos activités d'avant. Je n'ai pas l'intention de perdre une année entière, mais il faudra au moins quelques semaines. Nous ne devrons pas avoir de contact durant ces semaines. Mon téléphone n'est pas intraçable, et mon ordinateur sera probablement vite surveillé. Je ne peux malheureusement rien y changer en demeurant dans la norme de ce qu'un collégien peut faire. Mais je pense qu'on y mettra rapidement bon ordre. Il n'y a pas de danger réel, il suffit de prendre une ou deux précautions. Pour éviter d'avoir à prendre des mesures plus lourdes plus tard. Vous pourrez sans doute faire quelque chose rapidement, pour le téléphone et l'ordinateur, hein ?
- Sans doute. Je vais prendre le
s mesures nécessaires, mais il faut qu'on en parle un peu plus en détail. Et puis, pas aujourd'hui.
- Parce qu'on est suivis ?

- Parce que c'est ton anniversaire.
- Vous n'en démordrez pas, h
ein ?
- Non. Il y a un millio
n de choses que tu ne fais jamais. C'est le moment ou jamais, non ? Nous devons... "passer inaperçus", n'est ce pas ?
L sourit. Il s'était fait prendre... et le
pire, c'est qu'il s'en moquait.
- Très bien. Vous avez réussi à m'avoir. Alors...on va au cinéma ?
- Très bonne idée !
Tu reconnais que l'écran de ton ordinateur ne vaut pas une salle noire, hein ?
- Non, effecti
vement. Mon ordinateur ne fournit pas encore le pop corn.

Watari soupira.

- J'ai parfois
l'impression que tu te limites à un cerveau et à un estomac, les deux disproportionnés....
- E
t bizarrement emballés, hein ? On y va, maintenant ?



L jeta son cartable et sa veste sur
le canapé du salon et se précipita dans la chambre pour enlever cette horrible chemise, cet affreux pantalon à pinces et surtout, SURTOUT ces... ces saletés de... chaussettes. Une semaine. Cela faisait une semaine entière qu'il était forcé d'en porter. Une semaine que le professeur avait remarqué le fait que le nouveau, Luke Lennow, n'avait pas de chaussettes, en plus d'être coiffé comme l'as de pique et irrémédiablement insensible à tout effort visant à l'intégrer dans la classe. Il avait alors décrété que L devait porter des chaussettes, dans la mesures où ces versions pseudo civilisées de sacs poubelles faisaient partie de l'uniforme scolaire. Si Loan Lawliet n'avait pas été L, il aurait enragé. Il avait réussi à le lui cacher trois semaines... Et pire encore – quoique, peut-être pas quand même – il s'était fait avoir. Il n'avait pas fait ce qu'il fallait. C'était ridicule.

Il jeta un coup d'½il à l'ordinateur, vidé
de toute information compromettante, qui disparaissait sous les papiers bourrés de notes et les disquettes de sauvegarde, éteint depuis presque un mois maintenant. Que de temps perdu... Il avait bien envie d'appeler Watari, mais il n'en avait pas le temps. Il devait faire sa valise pour demain.

A sa grande consternation, le plus grand détective au monde s'était mis dans
une situation qui le forçait pratiquement à partir à Londres pour la compétition nationale de tennis au niveau junior. Ce qui présentait deux désavantages majeurs : 1) Pour ce qui est de passer inaperçu, c'était raté. Il allait devoir trouver une solution en un temps record et l'état de ses méninges était gravement affecté par le manque de bonbons, l'obligation de s'asseoir normalement en classe et le port de...ces choses. 2) Il allait devoir supporter, pendant plusieurs jours, des chaussettes de sport. Epaisses. Etouffantes. Il n'y survivrait pas.

Bon
, de toute façon, il serait encore plus suspect qu'il n'y aille pas. Aucun gamin de douze ans n'a peur de montrer sa figure au monde entier. Et dès que ce serait fini, il retournerait dans l'anonymat le plus total sous un prétexte quelconque. Cela faisait maintenant un mois qu'il jouait au gosse normal, et plus personne ne le suivait depuis déjà trois jours.
"Etrange tout
de même... Personne ne me remerciera jamais d'avoir sauvé des gens, mais tout le monde me félicitera de taper dans une balle à coups de raquette. Je me moque des remerciements mais... Le monde est bizarrement fait."

Pensif, il fourra une poignée de T-shirts dans un sac à dos, e
t se mit en quête dans la salle de bain d'objets de première nécessité.



"Luke Lennow" tou
rnait et retournait la médaille jaune étincelante entre ses doigts. Certes, il savait que Watari était un bon professeur de tennis, mais de là à terminer champion national... C'était une situation certes glorieuse, mais hautement inconfortable. Il portait de grosses chaussettes, il avait TRES chaud, la lumière du soleil et surtout les flashes des appareils photos lui faisaient mal aux yeux, et dès le lendemain il devrait prendre des mesures drastiques pour faire disparaître toutes ces images. Beaucoup de travail en perspective... Il était fatigué, aussi. Sensation étrange et peu familière; même s'il lui était arrivé de s'effondrer de sommeil à force de penser, jamais encore il n'avait éprouvé une telle douleur dans les muscles. C'était intéressant, aussi. Il releva le nez en s'apercevant que le journaliste en face de lui venait de dire quelque chose et attendait une réponse.

- Non, je ne
pense pas continuer le tennis à un niveau supérieur, c'est une totale surprise pour moi de me trouver là et j'envisage de poursuivre mes études avant de prendre une décision définitive...

Ap
paremment satisfait de cette réponse, l'autre le remercia et s'en alla non sans le mitrailler de flashes. L soupira. Il ne lui semblait pas avoir jamais trouvé le temps si long.
Je devrais e
n profiter, au lieu de me plaindre. Je suis au soleil, il ne pleut pas, je peux faire ce que je veux puisque Luke Lennow disparaîtra dans deux jours, au maximum cinq, et je ne suis sans doute plus en danger. Finalement... tout va bien.


L ne réussit à s'arracher à la foule qu'assez tard dans la soirée,
après quelques minutes passées à réfléchir intensément à un prétexte qui lui permettrait d'écourter la soirée – avant d'opter pour le plus classique et efficace : besoin pressant. Il marchait vers son hôtel, traînant derrière lui sa raquette, le nez en l'air. La Lune illuminait la rue d'une lumière pâle et rafraîchissante. Les étoiles aussi étaient belles. Plus que sur l'écran de la télévision, même si c'était la pointe de la technologie. C'était le prix à payer. Il ne le refuserait pas. Il retournerait à la seule lumière des écrans et des ampoules, et il ne s'en plaindrait pas. Mais on ne pourrait lui prendre cet instant de liberté qui justifiait à lui seul deux mois de Justice perdus. L sourit aux astres suspendus au-dessus de lui. Un sourire sincère qui illuminait son visage plus que ne le pourrait jamais son esprit brillant.


Enfin la suite !! Je le sais, elle a été longue à venir, j'ai eu énormément de mal et c'est un chapitre assez long ^^ Excusez la présentation, je vais faire un montage digne de ce nom, les couleurs et tout le tralala, mais là je suis crevée !! mdr

________________________L is for Liberty___________________________

# Gepost op vrijdag 08 juni 2007, 15u29

Gewijzigd op vrijdag 08 juni 2007, 15u58